Histoire et évolution de la gestion de production

Dès la fin du 18ième siècle, Montgolfier avait affirmé: La force vive est celle qui se paie.

Charles Augustin Coulomb, (1736-1806) ingénieur militaire étudie l’organisation du travail de manutention pour la construction d’un Fort à la Martinique.

En 1819, Navier avait affirmé que l’objectif de la mécanique est d’établir une sorte de monnaie mécanique de façon à exprimer les quantités de travail employées pour effectuer une fabrication.

Gustave Gaspard CARIOLIS en 1829 avec Louis Navier (1785-1836) et Jean Victor Poncelet (1788-1867) définissent le concept « moderne » du travail en physique comme le produit d’une force par sa distance parcourue.

Le mérite de ces « chercheurs » est d’avoir mis en évidence l’importance de cette grandeur dans une optique économique et ainsi de parler de rendement des machines.

Claude Burdin (1788-1813) disait: La mécanique intéresse tous les arts et contribue à la prospérité publique. En rattachant ainsi la mécanique à l’économie politique on montre le véritable point de vue sous lequel cette science doit être cultivée et encouragée.

Cette conception d’une mécanique ancrée dans la pratique d’ingénieurs au bénéfice du progrès économique et social est connue dès le 18ième siècle sous la dénomination de « science des machines ». Elle deviendra au 19ième siècle la « mécanique industrielle ».

Quand l’offre rattrape et dépasse la demande…

Dès qu’une entreprise manufacturière a existé, quel qu’elle soit, il a fallu gérer sa production. Le passage du XIXème au XXème siècle est une charnière entre deux ères industrielles. La production et la consommation de masse bouleversent l’univers industriel lourd ou artisanale exploitant des richesses naturelles au profit d’une minorité. Il s’agira maintenant de satisfaire une masse de clients de plus en plus diversifiée et d’utiliser au mieux la ressource humaine de l’entreprise. La production industrielle trouve ses origines dans l’invention de l’interchangeabilité et de la standardisation des pièces. L’histoire industrielle et son évolution est jalonnée de noms qui sont ceux des théoriciens et des praticiens des méthodes de la gestion de la production et du management moderne:

TAYLOR, FRANK & LILIAN GILBRETH, WEBER, FAYOL, PARKER-FOLLET, URWICK, MAYO, MASLOW, FORD, SLOAN, OHNO, DRUCKER, DEMING…

Au cours du XX ème siècle, à partir de ces théoriciens et praticiens de la gestion de production se développent des méthodes telles que le PERT pour les fusées Pershing, MRP1 puis MRP2 (1965 USA), PERT des potentiels par l’EDF (1958 France), le Juste à temps puis le Kanban (Japon) …. Aujourd’hui ce sont les méthodes de lean Manufacturing, lean production et PLM qui prennent le pas en intégrant l’ensemble des outils d’amélioration.

C’est depuis environ 1950 (à voir selon les produits, les domaines d’activité) que la compétitivité économique s’est accélérée subissant les trois phases d’évolution :

  1. demande > offre,
  2. demande = offre
  3. demande < offre

Les entreprises ont été obligées de réduire leurs stocks passant d’une logique de « produire puis vendre » à « produire ce qui sera vendu »; Parallèlement le niveau culturel des employés a augmenté ainsi que les techniques et technologies de production.

Le tout faisant que des nouvelles méthodes de gestion de production et aussi d’outils de gestion de production et de management apparaissent.

L’entreprise doit chercher dans le cadre de sa gestion de production à passer d’une logique de charges à une logique de flux. Il est alors nécessaire de chercher à transformer des activités apparemment indépendantes en un processus continu en supprimant les opérations non génératrices de valeur utile pour le client (transport, stockage…).

Il est aussi nécessaire de mettre en œuvre un processus continu d’amélioration. L’on passe du Taylorisme venu des USA au juste à temps et au flux tendus venu du Japon. Le temps prenant une importance de plus en plus fondamentale (Il faut être le premier à sortir le bon produit dans les meilleurs délais au meilleur coût).

L’interchangeabilité… de la production artisanale a la production de série

Informations tirées du livre « Les grandes Inventions » des éditions Larousse

Le principe d’interchangeabilité des pièces est à l’origine du passage de la fabrication artisanale à la production de masse. Son origine proviendrait de Roanne en France.

Le principe d’interchangeabilité des pièces par Eli Whitney (1765-1825), a démarré à « grande échelle » aux Etats Unis du fait d’un manque de main d’œuvre pour effectuer les expériences techniques de toutes sortes. Le but d’Eli Whitney est de substituer des opérations mécaniques précises et efficaces au savoir-faire de l’artiste car dit-il, des personnes dotées de pareilles capacités ne sont pas en nombre suffisant dans ce pays. Le président Jefferson (1743-1826) reconnaît que l’on peut parfaitement démonter cent percuteurs et les remonter sans l’aide d’un forgeron.

En Europe l’origine de l’interchangeabilité remonte à l’invention des caractères mobiles au quinzième siècle, mais les ingénieurs et industriels Européens préfèrent s’en remettre aux artisans car ici nous ne manquions pas de main d’œuvre.

1450: Invention des caractères mobiles d’imprimerie en plomb interchangeables par Gutenberg.

1578: Début de la fabrication de vis sur mandrin, permettant la fabrication de vis en série pour la mécanique de précision (horlogerie, instruments scientifiques …)

1722: Publication de l’art de convertir le fer forgé en acier et d’adoucir le fer fondu. Réaumur y suggère la fabrication de mousquets contenant des pièces interchangeables.

Vers 1730: Fabrication en série de rouages d’horlogerie par l’inventeur suédois Christopher Polhem

Vers 1750: Début de la fabrication à grande échelle de machines-outils sous l’impulsion de l’inventeur et entrepreneur anglais John Roebuck. Ces machines permettent de réaliser un travail de précision et ouvrent la voie à la fabrication de pièces interchangeable

Grands noms de la gestion industrielle

TAYLOR Frédéric (1856-1915) USA, le père du management scientifique

 Considéré comme le premier à étudier scientifiquement le travail.        Notamment par la mesure du temps exigé par chaque tache. TAYLOR Frédéric fait passer l’industrie du début du siècle de l’improvisation à l’organisation rationnelle. Il inclut dans sa réflexion le management qui de dilettante doit devenir scientifiquement efficace. C’est historiquement la première approche du juste nécessaire: TAYLOR Frédéric donne un acquis définitif à l’industrie. La productivité est multipliée par trois et les salaires grimpent. Mais ce système rigide crée une césure entre l’homme qui pense et celui qui agit de ses mains et exclut le travail en équipe.

FAYOL Henri (1841-1925) FRANCE, première théorie du management et de l’organisation

Dès la fin du dix-neuvième siècle, FAYOL met en lumière le besoin d’une instance chargée de l’administration générale de l’entreprise, dans une optique positiviste et non plus empirique. Elle doit conduire l’entreprise vers son but, en tirant le meilleur parti de ses ressources: « administrer, c’est prévoir, organiser, coordonner et contrôler ». Pour FAYOL Henri ce pionnier du management, cette vision globale de la gestion et en particulier de la gestion de production doit être concrétisée par un programme d’action.

FORD Henry (1863-1947) USA, Premier producteur de voitures à la chaine

 Acteur vedette de l’âge d’or américain, FORD Henri réduit les coûts en produisant sur des chaînes de montage un modèle unique et indifférencié, la Ford T. Bien rémunéré, le personnel accède au produit qu’il fabrique. L’automobile devient objet de grande consommation. Mais cette monoculture ignore les attentes de la clientèle qui fait que la voiture de tout le monde doit aussi être la voiture de chacun.

 André Citroën 1919 première voiture produite à la chaine en France et en Europe 

C’est en 1919 que pour la France et l’Europe la première voiture produite à la chaîne fut la Citroën 10 HP type A appelée aussi « Torpédo ». C’est André Citroën qui lors d’un voyage aux États Unis chez Ford en repris l’idée.

C’est une petite voiture à 4 places, reposant sur un empattement de 2,83 m, longue de 3,68 m et animée par un 4 cylindres de 1,3 l à 3 vitesses (non synchronisées) développant 18 ch. Elle est capable d’atteindre les 65 km /h. (Possibilité de cinq variantes de carrosserie, Torpédo 3 places, coupé, conduite intérieure 4 places, coupé de ville, voiture de livraison. Innovation d’importance, elle est équipée en série d’un démarreur et d’un éclairage électrique. Son prix était de 7950 francs faible pour l’époque. Alors que personne n’a encore vu le modèle, 16000 commandes sont prises en 15 jours.

 SLOAN Alfred (1875-1966) USA, à l’écoute du marché 

Pour la production stricto sensu, SLOAN Alfred ne révolutionne pas le système FORD. Mais il perçoit les prémices de la diversification du marché. Avec SLOAN Alfred, Général Motors s’oriente vers la production massive de voitures d’une diversité croissante.

Mais le « marketing » seul est insuffisant car il néglige la rationalisation de la production et tolère le gaspillage comme la non – qualité. Sloan passa la totalité de sa carrière à la Général Motors, dont 33 ans comme Directeur général puis Président. Il n’a écrit qu’un seul ouvrage :  » my years with General Motors « . Il est connu pour avoir fait de GM la première société mondiale, grâce à la décentralisation.

OHNO Taïchi (1912-1992) Japon, le juste à temps

 OHNO Taiichi préconise d’éliminer tous les gaspillages, tout ce qui n’est pas valeur ajoutée. La solution: faire avancer les choses justes à temps. Un principe qui implique de partir de l’aval c’est à dire le client, et génère les pratiques de flux tirés, dont le Kanban. Deuxième élément important de la théorie de M OHNO Taiichi, l’autonomation: En cas de défaut, la machine s’arrête. Le défaut n’a plus besoin d’être corrigé ou géré il est banni (remplacé par une autre solution)

DRUCKER Peter (né en 1909) USA, la primauté du management

 DRUCKER Peter fait du management la fonction essentielle et capitale de notre société et met en exergue le but premier de toute entreprise, créer une clientèle. A cette fin le management doit fixer des objectifs via une politique générale et les coordonner par une planification stratégique. L’entreprise étant un système complexe, le management moderne doit passer d’une approche sectorielle à une approche globale.

L’école sociotechnique, l’homme au centre du management:

En réaction au Taylorisme (et comme retour du balancier), émergent divers systèmes associant psychologie et sociologie avec la volonté de rendre l’ouvrier plus productif en le rendant plus heureux. Dans cette optique, l’école sociotechnique connaît son apogée chez Volvo avec la disparition totale de la chaîne d’assemblage. Cette idée de libérer l’homme de lui permettre de s’exprimer de le responsabiliser pour mieux le motiver génère, chez Toyota le KAIZEN (progrès permanent), chez Renault la création des Unités Elémentaires de Travail, chez Peugeot la création des Unités Elémentaires de Production etc…

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